25 biais cognitifs à connaître pour mieux comprendre et convaincre
Par Roselyne Reybaud
TEMPS DE LECTURE : 8 minutesMécanismes de pensée rapides et hâtifs, les biais cognitifs sont des travers de notre cerveau dont les processus peuvent être limitants. La PNL, programmation neurolinguistique, permet de les analyser pour les utiliser ou les détourner afin de mieux convaincre dans notre sphère sociale.
Les biais cognitifs ne sont pas des erreurs : ce sont des raccourcis mentaux… à apprivoiser
Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?
Un biais cognitif est un processus de pensée rapide et intuitif qui apporte un raisonnement analytique simple et rapide pour établir un jugement lors d’une expérience sociale.
Ces pensées sont des biais psychologiques qui peuvent nous pousser à prendre des décisions hâtives et altérer notre capacité de discernement. Ces mécanismes entraînent parfois des erreurs de jugement ou d’interprétation, ou des comportements inadaptés, biaisant ainsi les prises de décision.
Une formation en PNL permet de comprendre et d’explorer ces subtilités cognitives pour mieux convaincre dans les sphères privées ou professionnelles. C’est un outil précieux dans un contexte de négociation et dans nos rapports au monde.
Comment les biais cognitifs impactent-ils nos choix ?
Les raccourcis cognitifs existent naturellement chez l’être humain pour être plus réactif en cas de menace ou de risque. Cette prise de décision inconsciente et automatique permet d’optimiser notre fonctionnement et notre énergie, indispensable à notre survie.
Notre cerveau se met parfois en mode automatique dans des situations simples à gérer dans le quotidien, qui ne nécessitent pas forcément d’évaluation approfondie.
Dans certaines situations stressantes, notre cerveau nous trompe et biaise notre capacité émotionnelle : il produit une altération du jugement et du comportement. Les biais cognitifs impactent notre processus décisionnel positivement parfois, ou de façon négative et limitante dans certains cas.
Jugements, croyances et raisonnements sont influencés par les émotions, l’expérience personnelle ou les stéréotypes. Les biais cognitifs ont l’avantage d’être rapides, mais il existe une forte probabilité pour que les comportements associés soient erronés.
Une formation en école de PNL permet de connaître et de comprendre les biais cognitifs afin de les exploiter, de les transformer ou de les éliminer. C’est un atout particulier en psychologie d’entreprise pour le recrutement, ou dans le domaine de la publicité et du marketing.
Liste des 25 biais cognitifs à connaître et leurs effets
Plus de 250 biais cognitifs ont été répertoriés ! Voici une sélection des 25 biais cognitifs les plus courants, sur lesquels il est possible d’agir :
- Les biais liés à la perception et à l’attention,
- Les biais liés à la mémoire et aux souvenirs,
- Les biais influençant nos décisions et notre raisonnement,
- Les biais sociaux et émotionnels,
- Les biais utilisés en influence et persuasion.
Les biais limitants peuvent être corrigés, et d’autres peuvent être utilisés pour mener une conversation et influencer nos interlocuteurs.
Les biais cognitifs se retrouvent dans la communication non verbale (gestuelle, postures), la communication verbale (vocabulaire, syntaxe, langage) et la communication para verbale (aspect de la voix : ton, volume, rythme).
Biais liés à la perception et à l’attention
Biais de confirmation
Le biais de confirmation c’est le fait de ne considérer que les informations qui vont dans le sens de nos croyances, en mettant de côté celles auxquelles nous n’adhérons pas.
Effet d’ancrage
L’effet d’ancrage est le biais produit par l’utilisation à tort d’une information comme une référence acquise.
Biais de cadrage
Le biais de cadrage est la propension à considérer un problème en raison de la façon dont il est exposé.
Effet de halo
À l’instar du biais de notoriété, l’effet de halo consiste à considérer comme acquise une perception ou une opinion préalablement expérimentée. Par exemple, une personne sympathique sera considérée comme loyale.
Biais de négativité
Le biais de négativité tend à donner plus de valeur aux éléments négatifs plutôt qu’aux événements positifs.
Biais liés à la mémoire et aux souvenirs
Effet de récence
L’effet de récence ou illusion de récence se traduit par la conviction qu’une structure linguistique existe depuis peu de temps, alors qu’elle est usitée depuis longtemps. L’effet donne l’impression de nouveauté alors que ce n’est pas le cas.
Effet de primauté
L’effet de primauté induit le fait que, dans une série de chiffres ou de mots, les éléments les plus facilement mémorisables sont ceux du début et de la fin, supposant donc que les éléments du milieu sont difficiles à retenir.
Biais de faux souvenir
Le biais de faux souvenir, appelé également syndrome des faux souvenirs, se traduit par le fait de se souvenir d’un événement imaginé en croyant qu’il a réellement existé.
Biais d’auto-justification
Le biais d’auto-justification est la propension inconsciente que nous avons à justifier nos actions et nos décisions, surtout lorsque ce sont des « erreurs ». Ce biais cognitif nous fait mentir à nous-mêmes pour mieux nous convaincre de choix qui pourtant ne sont pas les plus appropriés. Ce mécanisme est basé sur le principe de la « mauvaise foi ».
Biais de disponibilité
Le biais de disponibilité consiste à favoriser les informations dont l’accès est plus facile ou les informations immédiates qui ont été récemment intégrées par le cerveau.
Biais influençant nos décisions et notre raisonnement
Biais d’optimisme
Le biais d’optimisme consiste à considérer davantage les bonnes que les mauvaises nouvelles.
Effet IKEA
L’effet IKEA (du nom du magasin de mobilier) est la tendance pour le consommateur à considérer que la qualité des produits est supérieure puisqu’il les a montés ou assemblés lui-même.
Biais d’endogroupe
Le biais d’endogroupe, appelé aussi biais de favoritisme intragroupe, est la disposition à favoriser les individus qui appartiennent à un même groupe et à exclure ceux qui n’en font pas partie.
Biais du survivant
Le biais du survivant est un phénomène de sélection qui consiste à surestimer les chances de réussite d’un évènement en prenant pour exemple « les survivants », ceux qui ont réussi.
Effet Dunning-Kruger
L’effet de Dunning-Kruger (nom donné par les auteurs d’une étude parue dans le Journal of Personality and Social Psychology) consiste pour les personnes les moins compétentes à se surestimer, alors que les personnes les plus compétentes se sous-estiment.
Biais sociaux et émotionnels
Biais d’attribution fondamentale
Le biais d’attribution fondamentale représente l’erreur que nous faisons de surestimer les origines personnelles et de sous-estimer les éléments conjoncturels dans le but de justifier le comportement d’autrui.
Effet spectateur
L’effet spectateur ou effet témoin reflète la tendance à adopter un comportement inhibé ou l’absence de comportement lors d’une situation et en présence d’autres personnes.
Biais d’autorité
Le biais d’autorité ou argument d’autorité consiste à accorder plus de crédibilité à une personne d’autorité, sans prendre en compte la teneur des propos.
Effet de groupe
L’effet de groupe est l’illusion selon laquelle un groupe croit réfléchir conjointement et collectivement pour faire le bon choix, alors qu’en réalité chaque individu réfléchit avec son propre système de pensée.
Biais de statu quo
Le biais de statu quo est un comportement qui consiste à considérer qu’une action de changement est plus à risque que de ne rien faire et de laisser la situation en l’état.
Biais utilisés en influence et persuasion
En PNL, un biais cognitif peut devenir une arme d’influence… ou un frein à désamorcer
Biais de rareté
L’effet de rareté est un biais cognitif où l’on accorde une valeur plus élevée à un objet rare comparé à un objet disponible en grande quantité.
Effet d’engagement
Le biais d’engagement, également appelé escalade de l’engagement, est la tendance à conserver des comportements inadaptés à l’instant T, alors qu’ils étaient en adéquation avec des actions ou des situations antérieures.
Effet d’exposition
L’effet d’exposition est le penchant à éprouver un intérêt positif grandissant à l’égard d’une personne ou d’un objet en raison de son exposition répétée.
Biais du coût irrécupérable
Le biais du coût irrécupérable est la propension des individus à poursuivre une action quels que soient les coûts, même s’ils sont supérieurs aux aspects bénéfiques de l’action.
Effet Barnum
L’effet Barnum, appelé aussi effet Forer (en référence à Phineas Taylor Barnum et Bertram R. Forer), est utilisé dans les horoscopes par exemple. Il s’agit d’une description succincte et incomplète d’une personnalité à laquelle on s’identifie.
Note : Cette technique n’est pas une pratique médicale et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.
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FAQ
Qu’est-ce que le codex des biais cognitifs ?
Le codex des biais cognitifs est un schéma complexe des structures mentales établi par John Manoogian III et Buster Benson. C’est un système algorithmique qui recense plus de 250 biais cognitifs, organisés en 4 catégories de pensées :
– Information démesurée,
– Manque de sens,
– Besoin d’agir trop vite,
– Mémorisation et souvenir.
Peut-on complètement éliminer les biais cognitifs ?
La PNL – programmation neurolinguistique – permet de corriger et de transformer les biais cognitifs dits négatifs ou limitants. L’efficacité et le résultat dépendent de l’individu, des biais et du praticien PNL qui guide les séances.
Comment utiliser les biais cognitifs en PNL ?
Les biais cognitifs en PNL peuvent être utilisés en développement personnel dans les sphères privées et professionnelles. Les actions sur ces effets cognitifs ont un pouvoir constructif, que ce soit sur les biais positifs ou négatifs. Leur utilisation dans la vie de tous les jours permet de mener à bien des négociations, à la maison ou au travail. Ils servent particulièrement dans la publicité et dans le domaine de la finance.
📊 Tableau des grands biais cognitifs par famille
Pour s’y retrouver dans cette longue liste, rien ne vaut une vue d’ensemble. Le tableau ci-dessous regroupe les biais les plus fréquents par famille, avec le mécanisme en jeu et une situation où il se déclenche. L’idée n’est pas de tout retenir, mais de reconnaître le type d’erreur de raisonnement au moment où il apparaît.
| Famille | Biais phare | Ce qu’il fait | Quand il surgit |
|---|---|---|---|
| Perception & attention | Biais de confirmation | On ne retient que ce qui confirme nos idées | Lecture d’un article, débat, recrutement |
| Perception & attention | Effet de halo | Une qualité en « colore » toutes les autres | Première impression, entretien |
| Mémoire | Biais de disponibilité | On surestime ce qui vient vite à l’esprit | Évaluer un risque après un fait marquant |
| Décision | Effet Dunning-Kruger | Moins on maîtrise, plus on se croit compétent | Début d’apprentissage, prise de parole |
| Décision | Coût irrécupérable | On persévère pour ne pas « perdre » le déjà-investi | Projet qui traîne, abonnement inutile |
| Social & émotion | Erreur d’attribution | On juge l’autre sur son caractère, soi sur le contexte | Conflit, retard d’un collègue |
| Cohérence interne | Dissonance cognitive | On ajuste ses idées pour réduire l’inconfort d’une contradiction | Choix regretté, valeur non tenue |
Trois de ces biais méritent un article à eux seuls : le biais de confirmation, l’effet Dunning-Kruger et la dissonance cognitive, qui explique pourquoi nous réécrivons parfois nos propres motivations après coup.
🛡️ Comment se prémunir des biais cognitifs
On ne « supprime » pas un biais : il fait partie du fonctionnement normal du cerveau, qui cherche à décider vite avec peu d’énergie. En revanche, on peut apprendre à ralentir aux moments qui comptent et à créer des garde-fous. Voici une démarche simple, en quatre temps.
- Nommer le biais. Le simple fait de reconnaître « là, je suis peut-être en plein biais de confirmation » rouvre l’esprit à d’autres hypothèses.
- Chercher la preuve contraire. Demandez-vous activement : qu’est-ce qui pourrait me donner tort ? C’est l’antidote le plus direct.
- Décaler la décision. Sur un choix important, laisser passer une nuit réduit l’emprise des émotions et de l’urgence.
- Confronter un regard extérieur. Une personne qui ne partage pas votre point de départ repère les angles morts que vous ne voyez plus.
✅ En pratique : avant une décision qui engage (embauche, achat important, arbitrage d’équipe), écrivez en une phrase l’hypothèse inverse de celle qui vous semble évidente. Si vous ne trouvez aucun argument pour la soutenir, méfiez-vous : c’est souvent le signe d’un biais à l’œuvre.
La connaissance de soi joue ici un rôle central. Repérer ses propres schémas de pensée, ce à quoi la PNL s’intéresse de près, aide à prendre du recul sur ses automatismes plutôt qu’à les subir.
💼 Les biais cognitifs au travail et dans la décision
C’est souvent au bureau que les biais coûtent le plus cher, parce qu’ils touchent des décisions collectives : recruter, investir, arbitrer un projet, évaluer une performance. Quelques exemples parlants :
- En recrutement : l’effet de halo fait qu’un CV bien présenté ou une école prestigieuse « colore » tout le jugement, au détriment des compétences réelles.
- En gestion de projet : le coût irrécupérable pousse à continuer un chantier déficitaire « parce qu’on a déjà tant investi ».
- En réunion : l’effet de groupe et le biais d’autorité étouffent les avis divergents, et les meilleures idées restent parfois silencieuses.
« On avait validé le fournisseur en dix minutes parce que son commercial était très convaincant. Trois mois plus tard, les retards s’accumulaient. En relisant nos notes, on n’avait posé aucune question qui aurait pu le disqualifier. »
Naïma, responsable achats
⚠️ À nuancer : connaître les biais ne rend pas immunisé. Des études montrent que même les personnes averties y restent sensibles, en particulier sous stress ou fatigue. L’enjeu n’est pas d’être « parfaitement rationnel », mais de mettre en place des procédés (grille d’évaluation, avis croisés, temps de réflexion) qui limitent les dégâts.
🧭 Combien de biais cognitifs existe-t-il vraiment ?
La question revient souvent, et la réponse dépend de la classification retenue. Les inventaires les plus complets, comme le célèbre « codex des biais cognitifs », en recensent aujourd’hui plus de 180, et certaines listes montent au-delà de 200 en comptant toutes les variantes. Beaucoup se recoupent ou dérivent d’un même mécanisme de fond.
Vouloir tous les mémoriser serait contre-productif. Il est bien plus utile de comprendre les grandes familles présentées plus haut : dès que vous repérez le mécanisme (je cherche à confirmer, je surestime ce qui me vient vite, je juge trop vite l’autre), vous tenez la clé, quel que soit le nom exact du biais.
💡 À retenir : il ne s’agit pas de connaître les 180 biais par cœur, mais d’installer un réflexe : face à une décision qui compte, se demander « et si je me trompais ? ». Ce doute méthodique désamorce à lui seul une grande partie des erreurs de raisonnement.
